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Comment bien choisir ses jumelles ?

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oliva
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Comment bien choisir ses jumelles ?

Message par oliva le Jeu 11 Aoû - 17:43

Comment bien choisir ses jumelles ?


J.P.LIEGEOIS

©
Nature et Terroir





Les jumelles sont au naturaliste, et
en particulier à l’ornithologue ou au mammalogiste de terrain, ce
que la truelle est au maçon : un outil de base, absolument
indispensable. Il est donc extrêmement important de les choisir
judicieusement, indépendamment des effets de mode et campagnes de
marketing des fabricants.








Mini
ou maxi



La première chose à prendre en compte est le « format »
que l’on souhaite. Bien sûr, chacun souhaitera avoir le maximum de
performances pour le minimum d’encombrement… C’est hélas
impossible !







Examinons
d’abord le grossissement.
(premier des deux chiffres décrivant une paire de jumelles :
8X32 = grossissement 8 fois). La première chose à savoir est que, plus
le grossissement est élevé, plus le champ de vision embrassé par
les jumelles diminue
. A fort grossissement, il devient difficile
de suivre un oiseau qui se déplace et, comme les jumelles se tiennent
à bout de bras, l’image « danse » sans cesse.
Pratiquement, pour le
naturaliste de terrain, les grossissements entre 7 fois et 12 fois
sont les mieux adaptés
, et la plupart des ornithos choisissent 8
ou 10 fois.







Examinons
ensuite la luminosité.
Elle dépend directement du diamètre de l’objectif des jumelles (le
deuxième chiffre : 8X32 = objectif de 32 mm de diamètre). Plus
celui-ci est grand, plus les jumelles sont lumineuses. Ainsi, des 8 x
40 sont-elles presque deux fois plus lumineuses que des 8 x 30. La
luminosité est évidemment très agréable pour l’observation, mais
elle se paye en matière de poids et de volume.



La
majorité des ornithologues optent pour des jumelles de 30 à 40 mm de
diamètre
. Les
adeptes de l’observation des mammifères, travaillant souvent à
l’aube et au crépuscule, recherchent parfois des instrument plus
lumineux, de 50 ou 60 mm de diamètre.







Certains
se laissent tenter par la compacité des « mini-jumelles »
de type 8x22, 10x25, etc… Si ces modèles sont très pratiques en
tant que « seconde paire » que l’on a toujours avec soi
où que l’on aille, ils révèlent rapidement leurs limites en matière
de luminosité.







Deux
leurres à éviter :








les
jumelles « zoom », c’est-à-dire avec un facteur de
grossissement variable. Les performances optiques sont médiocres
et le champ de vision est restreint. Ces commentaires ne
s’appliquent pas au modèle Duovid de Leica qui offre un
grossissement de 8-12 ou de 10-15 x.



les
jumelles « sans mise au point ». Elles se basent
uniquement sur la profondeur de champ, sont de qualité optique médiocre,
peu lumineuses et inutilisables à courte distance.







Distance
minimale de mise au point



Vos jumelles vous permettront de mettre l’image au point pour
l’observation d’un objet situé entre l’infini et une certaine
distance minimale, en-deçà de laquelle l’image sera irrémédiablement
floue.



Plus
cette distance est faible, mieux c’est, surtout si vous faites de
l’herpétologie, de l’entomologie et observez des lézards ou
insectes de petite taille mais qui se laissent approcher. Pour
l’ornithologie, 10 m est une distance minimale déjà satisfaisante
et 5 m est excellent. A très courte distance, même si l’image est
nette, elle paraît légèrement dédoublée car la différence
d’angle d’observation entre les deux yeux devient sensible.







Porteurs
de lunettes et autres …



Les porteurs de lunettes devront veiller que leurs jumelles possèdent
des œilletons rabattables, repoussables, reclicables ou revissables. En
effet, si la distance entre la pupille et l’oculaire est trop
grande, le champ de vue se restreint et l’image apparaît petite,
entourée d’un large cercle noir. Pour compenser l’écartement
supplémentaire dû aux lunettes, les fabricants de jumelles proposent
un système de réglage de la hauteur des oeilletons, mais il faudra vérifier
qu’il soit pratique et convienne à vos lunettes.







L’autre
aspect essentiel est le réglage
de la dioptrie
, si vous avez un œil plus faible que l’autre.
Les jumelles doivent posséder une molette, située généralement sur
l’oculaire droit ou à proximité de la molette de mise au point,
qui vous permet de régler la dioptrie et d’obtenir une image claire
pour les deux yeux. Il faut vérifier que le réglage de dioptrie soit
suffisant pour votre cas, qu’il s’opère facilement et ne se dérègle
pas sans cesse.






Etanches
ou pas


Vous
avez certainement remarqué que certains modèles de jumelles ont
« les épaules » plus larges que d’autres



Les
premières, d’une architecture plus ancienne, sont appelés
« à prismes de Porro ». Elles peuvent être optiquement
excellentes, mais la mise au point nécessite un glissement en hauteur
des oculaires, ce qui rend impossible l’obtention d’une étanchéité
parfaite. Les bons modèles résistent cependant à
une pluie « normale ».







Chez
les autres, plus modernes et appelées « à prismes en toit »,
le réglage de mise au point est interne et l’étanchéité totale
est donc possible. Beaucoup de marques proposent des modèles sous
pression d’azote qui restent étanches même à l’immersion
profonde (plusieurs mètres).






Si
vous sortez par tous les temps et emportez toujours vos jumelles avec
vous, soyez très attentifs à l’étanchéité… mais sachez
qu’elle se monnaye ! Si vous observez les oiseaux du jardin depuis
la fenêtre du salon ou vous limitez aux promenades ensoleillées, une
bonne paire de jumelles à prismes de Porro sera parfaite.







Qualité
optique et robustesse


Le
prix d’une paire de jumelles est très variable. Un modèle de base
coûtera 100 EUR, alors qu’un modèle de haut de gamme en vaudra près de
2000. Et cet écart se justifie.







Sur
le plan optique, les résultats seront très différents. D’un côté
une image terne, floue aux bords, mal définie, une distorsion des
couleurs… De l’autre, une image pétillante, lumineuse, précise.
Côté robustesse, ce sera aussi marqué. Les premières sont généralement
des jumelles « prêtes à jeter », alors que les autres
vous accompagneront toujours 20 ans plus tard ou davantage.



En
conclusion : n’optez
JAMAIS pour du bas de gamme
, il vous décevra rapidement et à
tous points de vue (surtout quand vous aurez comparé avec les
« haut de gamme » de vos compagnons de balade ornitho!).
Si votre budget est limité, mieux vaut acheter de bonnes jumelles
d’occasion (bien traitées, les jumelles des grandes marques sont
inusables) que du second choix.







Essayer
des jumelles


Par
une belle journée, avec le soleil dans le dos, toutes les jumelles
sont bonnes. C’est dans des
conditions d’observation difficiles que se marquent les différences
.
Ne vous laissez pas abuser, vérifiez les performances optiques de
l’instrument que vous allez acheter.







Voici
deux tests simples qui vous permettront de faire la différence entre
des performances optiques faibles, moyennes ou supérieures.








Observez
à la jumelle un piquet, un poteau téléphonique qui se présente
à contre-jour. Si des bandes de couleurs différentes
apparaissent aux bords de l’objet, les performances des jumelles
sont faibles. Sinon, elles sont moyennes ou supérieures.



Observez
ensuite une zone totalement ombragée, juste à côté d’une
zone bien éclairée. Si l’ombre vous semble n’être qu’un
trou noir, vos jumelles sont de performances moyennes. Si vous
pouvez distinguer des détails dans l’ombre, l’instrument
offre des performances optiques supérieures.







Lors
de l’essai, n’oubliez pas de contrôler le rabattement des œilletons
si vous portez des lunettes, le réglage de dioptrie, le bon
fonctionnement des molettes, etc… Voyez aussi si vous avez
l’instrument bien en mains.







Les
accessoires



Les jumelles sont généralement accompagnées d’accessoires.







La
lanière de cou est évidemment
indispensable. Elle doit pouvoir se régler en longueur. Si les
jumelles sont pesantes, une lanière élargie offre plus de confort.



Les
œilletons en caoutchouc à
extension latérale
permettent d’éviter l’entrée dans les
oculaires de rayons lumineux parasites, par exemple lorsqu’on
observe avec un soleil de dos assez bas. Utile, mais pas
indispensable, et de toute manière impraticable pour les porteurs de
lunettes.



Le
sac ou coffre de rangement
doit impérativement rester dans la voiture ou le sac à dos. Y
transporter ses jumelles quand on est sur te terrain garantit
qu’elles ne seront pas prêtes à l’emploi quand on en aura
besoin. Deux accessoires de protection ont une certaine utilité et ne
sont pas trop encombrants : l’étui
de cuir souple
et léger, solidaire de la lanière de cou, dans le
lequel on peut glisser rapidement les jumelles (et, plus important,
les en sortir aussi rapidement) et le
capuchon d’oculaires
, lui aussi attaché à la lanière, qui
vient couvrir l’instrument en cas de pluie.



L’enrobage
de caoutchouc

est populaire chez les naturalistes car il protège les jumelles
contre les petits chocs. N’en attendez cependant pas un miracle si
vous les oubliez sur le toit de la voiture… Vous pourrez protéger
les angles sensibles de votre instrument avec une bande de mousse néoprène
si il n’est pas caoutchouté







Réglez
vos jumelles



Pour un usage optimal de vos jumelles, 3 réglages simples sont
indispensables.








L’écartement des oculaires.
La distance entre les yeux varie d’une personne à l’autre,
assurez-vous donc que les oculaires soient bien alignés avec vos
pupilles. Visant un objet lointain, écartez ou rapprochez les
oculaires jusqu’à ce que vous voyiez une image en forme de
cercle parfait entouré de noir.



Le réglage de dioptrie,
pour compenser une différence de vision entre les deux yeux.
Visez un objet à distance moyenne, fermez l’œil droit et
effectuez un réglage de mise au point parfait pour l’œil
gauche. Fermez ensuite l’œil gauche, ouvrez le droit et tournez
la molette de réglage de dioptrie pour obtenir une mise au point
parfaite pour cet oeil. Ouvrez les deux yeux, vérifiez le réglage
et adaptez-le au besoin. La molette de dioptrie est munie d’un
repère : mémorisez sa position pour gagner du temps lors
d’un réglage ultérieur.



La mise au point. Observer avec des jumelles mal mises au point est fatigant pour les
yeux. Sur le terrain, l’idéal est de prérégler la mise au
point sur une trentaine de mètres, distance « moyenne »
qui vous permettra une réaction rapide pour un oiseau qui passe.
Si vous observez un objet plus longuement, soignez la mise au
point.







En
résumé …


Voici
in tableau qui vous présente, selon l’usage que vous entendez en
faire, les jumelles les mieux adaptées et leurs caractéristiques
principales









Usages



Modèle



Avantages



Inconvénients



Jumelles
tous usages
:
ornithologie, mammalogie, herpétologie, observation de la
nature en général




Jumelles
moyennes 8x30, 10x40

(souvent 8x32 et 10x42)




Une
combinaison grossissement – luminosité très équilibrée.
Les formules idéales pour l’observation sur le terrain




Ce
sont des « compromis » : ni très légères,
ni ultra-lumineuses !




Jumelles
de poche

que l’on emporte partout avec soi « au cas où »,
seconde paire de remplacement




Mini-jumelles
8x22, 10x25 …




Légères,
compactes, souvent repliables pour se glisser en poche de
poitrine




Indépendamment
de leur qualité, elles seront peu lumineuses et limitées par
temps couvert, au soir et au matin




Observation
au soir et au matin
,
mammalogie




Grosses
jumelles 7x50, 8x56, 10x50…




Une
luminosité très élevée, idéale par temps couvert, au crépuscule





Des
jumelles lourdes et encombrantes, fatigantes à transporter et
à manipuler




Observation
hors humidité
,
à l’intérieur, promenades par beau temps




Architecture
à prismes de Porro,
quels que soient le grossissement et le diamètre




A
qualité optique égale (elle peut être de haut niveau), un
prix plus réduit




Des
jumelles dont l'étanchéité n’est pas totale (franchement mauvaise en bas
de gamme) et qui sont plus volumineuses




Des
jumelles « tout
temps »
et « tout terrain »




Architecture
à prismes en toit quels
que soient le grossissement et le diamètre




Des
jumelles qui peuvent être parfaitement étanches, même à
l’immersion (haut de gamme) et qui sont plus compactes




A
qualité optique égale, un prix plus élevé


















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